Lettre aux nouvelles voilées

Etrange semaine ! Les images insoutenables d’Envoyé spécial : la lapidation de femmes iraniennes, l’arrachement de l’œil coupable…Hani Ramadan, le frère de Tarik, chantre officiel de la lapidation de la femme adultère, est invité à l’UNESCO ; les islamistes ont organisé leur deuxième défilé de mode féminin. Etrange semaine où les masques sont tombés, mais où l’on a pu mesurer la perversité du double langage auquel ont recours les islamistes pour défendre l’oppression des femmes au nom de la liberté individuelle et la barbarie religieuse au nom de la liberté culturelle.

Les nouvelles voilées organisent des manifestations pour défendre leur  » droit  » au voile, au voile qui, de l’Ancien Testament au Coran en passant par le Nouveau Testament est le symbole de l’oppression des femmes, le symbole qui autorise toute violence à l’endroit des femmes. Elles l’ont fait d’abord au nom de leur  » culture « , puis de leur  » choix individuel « , changeant de thème sur commande, comme sous la baguette d’un invisible chef d’orchestre, et maintenant elles se drapent de tricolore, moins pour affirmer qu’elles sont françaises que pour imposer en France le projet de société des islamistes.

Le régime fasciste et islamiste de l’Iran demande à la France de retirer sa loi contre le voile. Un régime qui a exterminé plus d’un million de ses opposants, un régime qui pratique la lapidation, l’amputation des membres, qui exécute les homosexuels, les agnostiques, les athées, les apostats, parle au nom de la démocratie. C’est le monde à l’envers. La prise de position des dictatures islamiques contre cette nouvelle loi, ingérence manifeste dans les affaires intérieures françaises, prouve à ceux qui n’avaient pas encore compris le lien étroit entre la prolifération du voile et l’offensive islamiste. Dorénavant, les nouvelles voilées, en France, ne peuvent plus prétendre ignorer qu’elles sont soutenues par le gouvernement fasciste islamiste de l’Iran ; que leurs maîtres, qu’ils soient des pseudo-intellectuels, des mollahs déturbannés, égyptiens, iraniens ou maghrébins, sont des missionnaires de l’islamisme. Elles ne peuvent plus dire qu’ici et là il ne s’agit pas du même voile. La servitude n’est ni moins haïssable ni moins condamnable quand elle se dit ou se croit volontaire.
Hani Ramadan, le frère de Tarik Ramadan, qui défend officiellement la lapidation des femmes et l’exécution des homosexuels au nom de la charia, a été invité à l’UNESCO, ce dimanche 18 janvier à 14 heures, pour défendre ses idées, dans le cadre d’un colloque sur la laïcité et la démocratie ; bien entendu, il devait débattre avec quelques intellectuels français. Ainsi se trouve porté à son comble l’escroquerie intellectuelle qui consiste à débattre avec les apologistes de la torture et de l’assassinat, à banaliser l’horreur, comme si la liberté était la liberté de tout faire, comme si le fascisme et la défense de la lapidation étaient une opinion.

Je suis véhémente, j’ai la rage au cœur et je n’arrive pas à comprendre qu’on accepte de débattre  » démocratiquement  » avec les islamistes qui défendent au nom des lois d’Allah les images de la barbarie institutionnelle qu’à diffusées France 2 jeudi soir : les corps féminins enfouis dans leur linceul qui s’écroulent sous les jets de pierres, les hurlements de l’homme ligoté dont on exorbite l’œil coupable au scalpel, à vif, ou de celui dont une machine vient de trancher la main d’un coup sec. Non, je ne comprends pas que ces idées soient discutées au nom de la démocratie, que Hani Ramadan soit invité à l’UNESCO, dans un colloque patronné par les plus hautes autorités de l’Etat, que la famille Ramadan soit mise sur un piédestal par les médias français.

Oui, c’est insupportable qu’un ministre de la République, ici en France, débatte avec Tarik Ramadan, qui réclame, comme certains mollahs  » modérés  » iraniens l’ont déjà fait, un  » moratoire  » pour la lapidation ; que cet imposteur déguisé en play-boy séduise tout autant les nouvelles voilées que certains altermondialistes et ceux ou celles qui se donnent le beau rôle de  » tolérants « .

(…)Il est temps de dire qu’on ne discute pas avec les représentants du totalitarisme islamiste. On le condamne et on le combat. Ceux qui ont vu sur France 2, jeudi soir, les images insoutenables des femmes lapidées, de la main voleuse amputée et de l’œil coupable arrachée ne supporteront plus jamais de devoir prêter l’oreille aux effusions verbales des frères Ramadan, à la rhétorique hallucinée de l’un et à la casuistique de l’autre. Ils auront compris ce que l’on fait au nom d’Allah. Il y a trop à faire dans nos banlieues, trop à faire dans le domaine de l’éducation, du travail et de l’égalité des chances, il y a eu trop de retard pris pour qu’on puisse admettre aujourd’hui que des islamistes extrêmes deviennent les porte-parole des jeunes français qui se sentent exclus. C’est notre responsabilité commune, c’est la responsabilité de la République et de ses représentants de faire en sorte que cesse cette situation perverse et absurde. L’immigration est une chance pour la France et la démocratie est une chance pour l’immigration. Mais il faut que les promesses soient tenues.

Chahdortt Djavanna, texte paru dans Le journal du Dimanche le 18.01.04, p.12.

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